—Ce qu'il y a de curieux, fit observer Kéraban; c'est que ce sont uniquement les femelles de ces insectes qui s'attaquent à l'homme.

—Je les reconnais bien là, ces représentants du beau sexe! répondit
Bruno, en se frottant les mollets.

—Je crois que nous ferons sagement de rentrer dans la voilure, dit alors Van Mitten, car nous allons être dévorés!

—En effet, répondit Kéraban, les contrées que traverse le bas Danube sont particulièrement infestées par ces cousins, et on ne les combat qu'en semant son lit pendant la nuit, su chemise et ses bas pendant le jour, de poudre du pyrèthre….

—Dont nous sommes absolument et malheureusement dépourvus! ajouta le
Hollandais.

—Absolument, répondit Kéraban. Mais qui pouvait prévoir que nous resterions en détresse dans les marécages de la Dobroutcha?

—Personne, ami Kéraban.

—J'ai entendu parler, ami Van Mitten, d'une colonie de Tatars criméens, auxquels le gouvernement turc avait accordé une vaste concession dans ce delta du fleuve, et que des légions de ces cousins forcèrent à s'expatrier.

—D'après ce que nous voyons, ami Kéraban, l'histoire n'est point invraisemblable!

—Rentrons donc dans la chaise!