Par malheur, une circonstance inattendue allait mettre cet homme sur ses gardes et lui révéler le danger qui le menaçait.
A ce moment même, Amasia venait de quitter la caverne. Une profonde inquiétude, dont elle ne se rendait pas compte, la troublait au point qu'elle ne pouvait dormir. Elle sentait Ahmet menacé, à la merci d'un coup de fusil ou d'un coup de poignard!
A peine Kéraban eût-il aperçu la jeune fille qu'il lui fit signe de s'arrêter. Mais Amasia ne le comprit pas, et, levant la tête, elle aperçut Ahmet, au moment où celui-ci se redressait vers la roche. Un cri d'épouvanté lui échappa.
A ce cri, l'espion s'était retourné rapidement, puis redressé, et, voyant Ahmet à demi-courbe encore, il se jeta sur lui.
Amasia, clouée sur place par la terreur, eut cependant encore la force de crier:
«Ahmet! … Ahmet!….»
L'espion, un couteau à la main, allait frapper son adversaire; mais
Kéraban, épaulant son fusil, tira.
L'espion, atteint mortellement en pleine poitrine, laissa tomber son poignard et roula jusqu'à terre.
Un instant après, Amasia était dans les bras d'Ahmet qui, se laissant glisser du haut de la roche, venait de la rejoindre.
Cependant, tous les hôtes de la caverne venaient d'en sortir au bruit de la détonation,—tous, sauf le guide.