Ahmet et les siens, cependant, résistaient intrépidement. Tous n'avaient qu'une pensée: à tout prix sauver Amasia, à tout prix l'empêcher de retomber entre les mains de Saffar.

Mais, malgré tant de dévouement et de courage, il leur fallut bientôt céder devant le nombre. Aussi peu à peu, Kéraban et ses compagnons commencèrent-ils à plier, à se désunir, puis à s'acculer aux roches du défilé. Déjà le désarroi se mettait parmi eux.

Saffar s'en aperçut.

«A lui, Scarpante, à toi! cria-t-il en lui montrant la jeune fille.

—Oui! Seigneur Saffar, répondit Scarpante, et cette fois elle ne vous échappera plus.»

Profitant du désordre, Scarpante parvint à se jeter sur Amasia qu'il saisit et il s'efforça d'entraîner hors du campement.

«Amasia! … Amasia!….» cria Ahmet.

Il voulut se précipiter vers elle, mais un groupe de bandits lui coupa la route; il fut obligé de s'arrêter pour leur faire face.

Yanar essaya alors d'arracher la jeune fille aux étreintes de Scarpante: il ne put y parvenir, et Scarpante, l'enlevant entre ses bras, fit quelques pas vers le défilé.

Mais Kéraban venait d'ajuster Scarpante, et le traître tombait mortellement atteint, après avoir lâché la jeune fille, qui tenta vainement de rejoindre Ahmet.