—Il est mort.

—Mort! s'écria Joam Garral, que ce mot fit pâlir malgré lui, comme s'il lui eût enlevé tout pouvoir de jamais se réhabiliter.

—Mort, répondit Torrès; mais cet homme, que j'ai connu longtemps après le crime, et sans que je susse qu'il fût criminel, avait écrit tout au long, de sa main, le récit de cette affaire des diamants, afin d'en conserver jusqu'aux moindres détails. Sentant sa fin approcher, il fut pris de remords. Il savait où s'était réfugié Joam Dacosta, sous quel nom l'innocent s'était refait une vie nouvelle. Il savait qu'il était riche, au milieu d'une famille heureuse, mais il savait aussi qu'il devait lui manquer le bonheur! Eh bien, ce bonheur, il voulut le lui rendre avec l'honorabilité à laquelle il avait droit!… Mais la mort venait… il me chargea, moi, son compagnon, de faire ce qu'il ne pourrait plus faire!… Il me remit les preuves de l'innocence de Dacosta, afin de les lui faire parvenir, et mourut.

—Le nom de cet homme! s'écria Joam Garral, d'un ton qu'il ne put maîtriser.

—Vous le saurez, quand je serai de votre famille!

—Et cet écrit?…»

Joam Garral fut sur le point de se jeter sur Torrès, pour le fouiller, pour lui arracher cette preuve de son innocence.

«Cet écrit, il est en lieu sûr, répondit Torrès, et vous ne l'aurez qu'après que votre fille sera devenue ma femme. Maintenant, me la refusez-vous encore?

—Oui, répondit Joam Garral. Mais, en échange de cet écrit, la moitié de ma fortune est à vous!

—La moitié de votre fortune! s'écria Torrès! Je l'accepte, à la condition que Minha me l'apportera en mariage!