Rien, répondit Benito, mais demain est à nous!» Chacun des membres de la famille se retira dans sa chambre, et il ne fut plus question de ce qui s'était passé.
Manoel voulut obliger Benito à se coucher, afin de prendre au moins une ou deux heures de repos.
«À quoi bon? répondit Benito. Est-ce que je pourrais dormir!»
CHAPITRE NEUVIÈME SECONDES RECHERCHES
Le lendemain, 27 août, avant le lever du soleil, Benito prit
Manoel à part et lui dit:
«Les recherches que nous avons faites hier ont été vaines. À recommencer aujourd'hui dans les mêmes conditions, nous ne serons peut-être pas plus heureux!
Il le faut cependant, répondit Manoel.
—Oui, reprit Benito; mais, au cas où le corps de Torrès ne sera pas retrouvé, peux-tu me dire quel temps est nécessaire pour qu'il revienne à la surface du fleuve?
—Si Torrès, répondit Manoel, était tombé vivant dans l'eau, et non à la suite d'une mort violente, il faudrait compter de cinq à six jours. Mais, comme il n'a disparu qu'après avoir été frappé mortellement, peut-être deux ou trois jours suffiront-ils à le faire reparaître?»
Cette réponse de Manoel, qui est absolument juste, demande quelque explication.