Écoutez-moi, jeune homme, répondit le juge Jarriquez, et vous serez bien obligé de vous rendre à l'évidence!» Le magistrat prit le document et le mit sous les yeux de Manoel, en regard du travail qu'il avait fait.

«J'ai commencé, dit-il, par traiter ce document comme je devais le faire, c'est-à-dire logiquement, en ne donnant rien au hasard, c'est-à-dire que, par l'application d'un alphabet basé sur la proportionnalité des lettres les plus usuelles de notre langue, j'ai cherché à en obtenir la lecture, en suivant les préceptes de notre immortel analyste, Edgard Poë!… Eh bien, ce qui lui avait réussi, a échoué!…

Échoué! s'écria Manoel.

—Oui, jeune homme, et j'aurais dû m'apercevoir tout d'abord que le succès, cherché de cette façon, n'était pas possible! En vérité, un plus fort que moi ne s'y serait pas trompé!

—Mais, pour Dieu! s'écria Manoel, je voudrais comprendre, et je ne puis…

—Prenez le document, reprit le juge Jarriquez, en ne vous attachant qu'à observer la disposition des lettres, et relisez-le tout entier.

Manoel obéit. «Ne voyez-vous donc rien dans l'assemblage de certaines lettres qui soit bizarre? demanda le magistrat.

—Je ne vois rien, répondit Manoel, après avoir, pour la centième fois peut-être, parcouru les lignes du document.

—Eh bien, bornez-vous à étudier le dernier paragraphe. Là, vous le comprenez, doit être le résumé de la notice tout entière.

—Vous n'y voyez rien d'anormal?