—Jamais.
—Aucun étranger ne l'a visité?
—Aucun… répondit le Gound, si ce n'est une femme.
—Une femme? répliqua vivement Balao Rao.
—Oui, une femme, qui, depuis trois ans environ, erre dans la vallée de la Nerbudda.
—Quelle est cette femme?
—Ce qu'elle est, je l'ignore, répondit le Gound. D'où elle vient, je ne puis le dire, et, dans toute la vallée, personne n'en sait plus que moi sur son compte! Est-ce une étrangère, est-ce une Indoue, on n'a jamais pu le savoir!»
Balao Rao réfléchit un instant; puis, reprenant: «Que fait cette femme? demanda-t-il.
—Elle va, elle vient, répondit le Gound. Elle vit uniquement d'aumônes. On a pour elle, dans toute la vallée, une sorte de vénération superstitieuse. Plusieurs fois, je l'ai reçue dans mon propre pâl. Elle ne parle jamais. On pourrait croire qu'elle est muette, et je ne serais pas étonné qu'elle le fût. La nuit, on la voit se promener, tenant à la main une branche résineuse allumée. Aussi, ne la connaît-on que sous le nom de la «Flamme Errante!»
—Mais, dit Balao Rao, si cette femme connaît le pâl de Tandît, ne peut-elle y revenir pendant que nous l'occuperons, et n'avons-nous rien à craindre d'elle?