—Chasseurs! s'écria Mathias Van Guitt, chasseurs!» Et il ne put empêcher sa physionomie d'exprimer qu'il n'avait pour les fils de Nemrod qu'une estime fort modérée.

«Vous chassez les fauves… pour les tuer, sans doute? reprit-il en s'adressant au capitaine.

—Uniquement pour les tuer, répondit Hod.

—Et moi, uniquement pour les prendre! répliqua le fournisseur, qui eut là un beau mouvement de fierté.

—Eh bien, monsieur Van Guitt, nous ne nous ferons pas concurrence!» riposta le capitaine Hod. Le fournisseur hocha la tête. Toutefois, notre qualité de chasseur n'était pas pour le faire revenir sur son invitation. «Quand vous voudrez me suivre, messieurs!» dit-il en s'inclinant avec grâce.

Mais, en ce moment, plusieurs voix se firent entendre sous bois, et une demi-douzaine d'Indous apparurent au tournant de la grande allée, qui se développait au delà de la clairière.

«Ah! voilà mes gens,» dit Mathias Van Guitt.

Puis, s'approchant de nous et mettant un doigt sur sa bouche, en avançant quelque peu les lèvres:

«Pas un mot de mon aventure! ajouta-t-il. Il ne faut pas que le personnel du kraal sache que je me suis laissé prendre à mon piège comme un vulgaire animal! Cela pourrait affaiblir le degré de correction que je dois toujours conserver à ses yeux!»

Un signe d'acquiescement de notre part rassura le fournisseur.