«Quelle cohue! dit le capitaine Hod.

—Les eaux du Phalgou ne seront pas agréables à boire au coucher du soleil! fit observer Banks.

—Et pourquoi? demandai-je.

—Parce que ces eaux sont sacrées, et que toute cette foule suspecte va s'y baigner, comme les Gangistes le font dans les eaux du Gange.

—Sommes-nous donc en aval? s'écria Hod, en tendant la main dans la direction où se trouvait notre campement.

—Non, mon capitaine, rassurez-vous, répondit l'ingénieur, nous sommes en amont.

—À la bonne heure, Banks! Il ne faut pas qu'on abreuve à cette source impure notre Géant d'Acier!» Cependant, nous passions au milieu de ces milliers d'Indous, entassés sur un espace assez restreint.

L'oreille était tout d'abord frappée d'un bruit discordant de chaînes et de sonnettes. C'étaient les mendiants qui taisaient appel à la charité publique.

Là fourmillaient des échantillons variés de cette confrérie truandière, si considérable dans toute la péninsule indienne. La plupart étalaient de fausses plaies, comme les Clopin-Trouillefou du moyen âge. Mais si les mendiants de profession sont de faux infirmes pour la plupart, il n'en est pas ainsi des fanatiques. En effet, il eût été difficile de pousser la conviction plus loin.

Des faquirs, des goussaïns étaient là, presque nus, couverts de cendre; celui-ci, le bras ankylosé par une tension prolongée; celui-là, la main traversée par les ongles de ses propres doigts.