— Et la marine grecque, et la marine française, et la marine italienne! ajouta flegmatiquement un officier anglais, qui voulait que chaque État eût sa part de désagrément en cette affaire.
— Mais, reprit le négociant en se levant, l'heure approche, et, si nous voulons assister au départ de la Syphanta, il serait peut-être temps de se rendre sur l'esplanade!
— Non, répondit son interlocuteur, rien ne presse. D'ailleurs, un coup de canon doit annoncer l'appareillage.»
Et les causeurs continuèrent à faire leur partie dans le concert des malédictions proférées contre Sacratif.
Sans doute, Nicolas Starkos crut le moment favorable pour intervenir, et, sans que le moindre accent pût dénoncer en lui un natif de la Grèce méridionale:
«Messieurs, dit-il en s'adressant à ses voisins de table, pourrais-je vous demander, s'il vous plaît, quelle est cette Syphanta, dont tout le monde parle aujourd'hui?
— C'est une corvette, monsieur, lui fut-il répondu, une corvette achetée, frétée et armée par une compagnie de négociants anglais, français et corfiotes, montée par un équipage de ces diverses nationalités, et qui doit appareiller sous les ordres du brave capitaine Stradena! Peut-être parviendra-t-il à faire, lui, ce que n'ont pu faire les navires de guerre de l'Angleterre et de la France!
— Ah! dit Nicolas Starkos, c'est une corvette qui part!… Et pour quels parages, s'il vous plaît?
— Pour les parages où elle pourra rencontrer, prendre et pendre le fameux Sacratif!
— Je vous prierai alors, reprit Nicolas Starkos, de vouloir bien me dire qui est ce fameux Sacratif?