Hadjine Elizundo, le bras tendu, la tête haute, semblait alors maudire le capitaine, comme Andronika l'avait maudit, quelques semaines avant, sur le seuil de la maison paternelle. Mais, ce jour-là, si Nicolas Starkos avait reculé devant le geste de sa mère, cette fois, il marcha résolument vers la jeune fille:

«Hadjine Elizundo, dit-il à voix basse, oui! il me faut ces millions!… D'une façon ou d'une autre, il me les faut… et je les aurai!

— Non!… et plutôt les anéantir, plutôt les jeter dans les eaux du golfe! répondit Hadjine.

— Je les aurai, vous dis-je!… Je les veux!»

Nicolas Starkos avait saisi la jeune fille par le bras. La colère l'égarait. Il n'était plus maître de lui. Son regard se troublait. Il eût été capable de la tuer!

Hadjine Elizundo vit tout cela en un instant. Mourir! Eh! que lui importait maintenant! La mort ne l'eût point effrayée. Mais l'énergique jeune fille avait autrement disposé d'elle-même… Elle s'était condamnée à vivre.

«Xaris!» cria-t-elle.

La porte s'ouvrit. Xaris parut.

«Xaris, chasse cet homme!»

Nicolas Starkos n'avait pas eu le temps de se retourner qu'il était saisi par deux bras de fer. La respiration lui manqua. Il voulut parler, crier… Il n'y parvint pas plus qu'il ne parvint à se dégager de cette effroyable étreinte. Puis, tout meurtri, à demi étouffé, hors d'état de rugir, il fut déposé à la porte de la maison.