A l'opposé il y avait une porte ouverte.
Le premier soin de Franz fut de se placer devant une des meurtrières, afin de respirer cette fraîche brise de la nuit durant quelques secondes.
Mais, au moment où il allait se retirer, il crut apercevoir deux ou trois ombres, qui se mouvaient à l'extrémité inférieure du plateau d'Orgall, éclairé jusqu'au sombre massif de la sapinière.
Franz regarda.
Quelques hommes allaient et venaient sur ce plateau, un peu en avant des arbres—sans doute les agents de Karlsburg, ramenés par Rotzko. S'étaient-ils donc décidés à opérer de nuit, dans l'espoir de surprendre les hôtes du château, ou attendaient-ils en cet endroit les premières lueurs de l'aube?
Quel effort Franz dut faire sur lui-même pour retenir le cri prêt à lui échapper, pour ne pas appeler Rotzko, qui aurait bien su entendre et reconnaître sa voix! Mais ce cri pouvait arriver jusqu'au donjon, et, avant que les agents eussent escaladé l'enceinte, Rodolphe de Gortz aurait le temps de mettre son appareil en activité et de s'enfuir par le tunnel.
Franz parvint à se maîtriser et s'éloigna de la meurtrière. Puis, la casemate traversée, il franchit la porte et continua de suivre la galerie.
Cinq cents pas plus loin, il arriva au seuil d'un escalier qui se déroulait dans l'épaisseur du mur.
Était-il enfin au donjon qui se dressait au milieu de la place d'armes? Il avait lieu de le croire.
Cependant, cet escalier ne devait pas être l'escalier principal qui accédait aux divers étages. Il ne se composait que d'une suite d'échelons circulaires, disposés comme les filets d'une vis à l'intérieur d'une cage étroite et obscure.