«Celui qui aurait l'audace d'aller au burg pourrait bien n'en jamais revenir!»

A cet instant la porte de l'auberge s'ouvrit brusquement, au grand effroi de l'assistance.

Ce n'était que le docteur Patak, et il eût été difficile de le prendre pour une de ces lamies enchanteresses dont le magister Hermod avait parlé.

Son client étant mort—ce qui faisait honneur à sa perspicacité médicale, sinon à son talent—, le docteur Patak était accouru à la réunion du Roi Mathias.

«Enfin, le voilà!» s'écria maître Koltz.

Le docteur Patak se dépêcha de distribuer des poignées de main à tout le monde, comme il eût distribué des drogues, et, d'un ton passablement ironique, il s'écria:

«Alors, les amis, c'est toujours le burg... le burg du Chort, qui vous occupe!... Oh! les poltrons!... Mais s'il veut fumer, ce vieux château, laissez-le fumer!... Est-ce que notre savant Hermod ne fume pas, lui, et toute la journée?... Vraiment, le pays est tout pâle d'épouvante!... je n'ai entendu parler que de cela durant mes visites!... Les revenants ont fait du feu là-bas?... Et pourquoi pas, s'ils sont enrhumés du cerveau!... Il paraît qu'il gèle au mois de mai dans les chambres du donjon... A moins qu'on ne s'y occupe à cuire du pain pour l'autre monde!... Eh! il faut bien se nourrir là-haut, s'il est vrai qu'on ressuscite!... Ce sont peut-être les boulangers du ciel, qui sont venus faire une fournée...»

Et pour finir, une série de plaisanteries, extrêmement peu goûtées des gens de Werst, et que le docteur Patak débitait avec une incroyable jactance.

On le laissa dire.

Et alors le biró de lui demander: