—Eh bien, puisque vous hésitez, s'écria le cabaretier, nous ne vous en prions pas... nous vous en défions!
—Vous m'en défiez?...
—Oui, docteur!
—Jonas, vous allez trop loin, reprit le biró. Il ne faut pas défier Patak... Nous savons qu'il est homme de parole... Et ce qu'il a dit qu'il ferait, il le fera... ne fût-ce que pour rendre service au village et à tout le pays.
—Comment, c'est sérieux?... Vous voulez que j'aille au château des Carpathes? reprit le docteur, dont la face rubiconde était devenue très pâle.
—Vous ne sauriez vous en dispenser, répondit catégoriquement maître Koltz.
—je vous en prie... mes bons amis... je vous en prie... raisonnons, s'il vous plaît!...
—C'est tout raisonné, répondit Jonas.
—soyez justes... A quoi me servirait d'aller là-bas... et qu'y trouverais-je?.. quelques braves gens qui se sont réfugiés au burg... et qui ne gênent personne...
—Eh bien, répliqua le magister Hermod, si ce sont de braves gens, vous n'avez rien à craindre de leur part, et ce sera une occasion de leur offrir vos services.—S'ils en avaient besoin, répondit le docteur Patak, s'ils me faisaient demander, je n'hésiterais pas... croyez-le... à me rendre au château. Mais je ne me déplace pas sans être invité, et je ne fais pas gratis mes visites...