Franz s'égarait ainsi à travers le champ des hypothèses, ne sachant à laquelle s'arrêter.
D'autre part, l'aventure du forestier Nic Deck ne laissait pas de le préoccuper dans une certaine mesure, et il lui aurait plu d'en découvrir le mystère, ne fût-ce que pour rassurer la population de Werst.
Aussi, comme le jeune comte ne mettait pas en doute que des malfaiteurs eussent pris le château pour refuge, il résolut de tenir la promesse qu'il avait faite de déjouer les manœuvres de ces faux revenants, en prévenant la police de Karlsburg.
Toutefois, pour être en mesure d'agir, Franz voulait avoir des détails plus circonstanciés sur cette affaire. Le mieux était de s'adresser au jeune forestier en personne. C'est pourquoi, vers trois heures de l'après-midi, avant de retourner au Roi Mathias, il se présenta à la maison du biró.
Maître Koltz se montra très honoré de le recevoir un gentilhomme tel que M. le comte de Télek... ce descendant d'une noble famille de race roumaine... auquel le village de Werst serait redevable d'avoir retrouvé le calme... et aussi la prospérité... puisque les touristes reviendraient visiter le pays... et acquitter les droits de péage, sans avoir rien à craindre des génies malfaisants du château des Carpathes... etc.
Franz de Télek remercia maître Koltz de ses compliments, et demanda s'il n'y aurait aucun inconvénient à ce qu'il fût introduit près de Nic Deck.
«Il n'y en a aucun, monsieur le comte, répondit le biró. Ce brave garçon va aussi bien que possible, et il ne tardera pas à reprendre son service.»
Puis, se retournant:
«N'est-il pas vrai, Miriota? ajouta-t-il, en interpellant sa fille, qui venait d'entrer dans la salle.
—Dieu veuille que cela soit, mon père!» répondit Miriota d'une voix émue.