«Nous serons plus heureux une autre fois, Frantz, dit Suzel, quand le jeune pêcheur repiqua son hameçon toujours vierge sur sa planchette de sapin.

—Il faut l'espérer, Suzel,» répondit Frantz.

Puis, tous deux, marchant l'un près de l'autre reprirent le chemin de la maison, sans échanger une parole, aussi muets que leurs ombres, qui s'allongeaient devant eux. Suzel se voyait grande, grande, sous les rayons obliques du soleil couchant. Frantz paraissait maigre, maigre, comme la longue ligne qu'il tenait à la main.

On arriva à la maison du bourgmestre. De vertes touffes d'herbe encadraient les pavés luisants, et on se fut bien gardé de les arracher, car elles capitonnaient la rue et assourdissaient le bruit des pas.

Au moment où la porte allait s'ouvrir, Frantz crut devoir dire à sa fiancée:

«Vous savez, Suzel, le grand jour approche.

—Il approche, en effet, Frantz! répondit la jeune fille en abaissant ses longues paupières.

—Oui, dit Frantz, dans cinq ou six ans....

—Au revoir, Frantz, dit Suzel.

—Au revoir, Suzel,» répondit Frantz.