Raoul, au lieu de soulever lentement la draperie, la déchire par un geste superbe et se trouve face à face avec Valentine.

Enfin! c'est le grand duo, et il est mené allegro vivace. Raoul n'attend pas les demandes de Valentine et Valentine n'attend pas les réponses de Raoul. Le passage adorable:

Le danger presse
Et le temps vole....

devient un de ces rapides deux-quatre qui ont fait la renommée d'Offenbach, lorsqu'il fait danser des conjurés quelconques. L'andante amoroso:

Tu l'as dit!
Oui, tu m'aimes!

n'est plus qu'un vivace furioso, et le violoncelle de l'orchestre ne se préoccupe plus d'imiter les inflexions de la voix du chanteur, comme il est indiqué dans la partition du maître. En vain Raoul s'écrie:

Parle encore et prolonge
De mon coeur l'ineffable sommeil!

Valentine ne peut pas prolonger! On sent qu'un feu inaccoutumé le dévore. Ses si et ses ut, au-dessus de la portée, ont un éclat effrayant. Il se démène, il gesticule, il est embrasé.

On entend le beffroi; la cloche résonne; mais quelle cloche haletante! Le sonneur qui la sonne ne se possède évidemment plus. C'est un tocsin épouvantable, qui lutte de violence avec les fureurs de l'orchestre.

Enfin la strette qui va terminer cet acte magnifique: