Puis de sa voix calme:

«Mais, ami Niklausse, dit le bourgmestre, que sommes-nous venus faire au haut de cette tour?

—Au fait, répondit le conseiller, nous nous laissons emporter par nos rêveries ...

—Que sommes-nous venus faire ici? répéta le bourgmestre.

—Nous sommes venus, répondit Niklausse, respirer cet air pur que n'ont pas vicié les faiblesses humaines.

—Eh bien, redescendons-nous, ami Niklausse?

—Redescendons, ami van Tricasse.»

Les deux notables donnèrent un dernier coup d'oeil au splendide panorama qui se déroulait sous leurs yeux; puis le bourgmestre passa le premier et commença à descendre d'un pas lent et mesuré. Le conseiller le suivait, à quelques marches derrière lui. Les deux notables arrivèrent au palier sur lequel ils s'étaient arrêtés en montant. Déjà leurs joues commençaient à s'empourprer. Ils s'arrêtèrent un instant et reprirent leur descente interrompue.

Au bout d'une minute, van Tricasse pria Niklausse de modérer ses pas, attendu qu'il le sentait sur ses talons et que «cela le gênait».

Cela même fit plus que de le gêner, car, vingt marches plus bas, il ordonna au conseiller de s'arrêter, afin qu'il pût prendre quelque avance.