L'ermite ne leur donna aucune nouvelle de maître Zacharius. À peine pouvait-on espérer le retrouver vivant au milieu de ces mornes solitudes. La nuit était profonde, l'ouragan sifflait dans la montagne, et les avalanches se précipitaient du sommet des rocs ébranlés.
Les deux fiancés, accroupis devant le foyer de l'ermite, lui racontèrent leur douloureuse histoire. Leurs manteaux, imprégnés de neige, séchaient dans quelque coin, et, au dehors, le chien de l'ermitage poussait de lugubres aboiements, qui se mêlaient aux hurlements de la rafale.
«L'orgueil, dit l'ermite à ses hôtes, a perdu un ange créé pour le bien. C'est la pierre d'achoppement où se heurtent les destinées de l'homme. À l'orgueil, ce principe de tous vices, on ne peut opposer aucuns raisonnements, puisque, par sa nature même, l'orgueilleux se refuse à les entendre.... Il n'y a donc plus qu'à prier pour votre père!»
Tous quatre s'agenouillaient, quand les aboiements du chien redoublèrent, et l'on heurta à la porte de l'ermitage.
«Ouvrez, au nom du diable!»
La porte céda sous de violents efforts, et il apparut un homme échevelé, hagard, à peine vêtu.
«Mon père!» s'écria Gérande.
C'était maître Zacharius.
«Où suis-je? fit-il. Dans l'éternité!... Le temps est fini ... les heures ne sonnent plus ... les aiguilles s'arrêtent!
—Mon père! reprit Gérande avec une si déchirante émotion, que le vieillard sembla revenir au monde des vivants.