«Ce ne sont pas là les pas d'une personne qui marche, dit-il.

— Ni d'une personne qui saute, puisque le talon manque, ajouta
Mrs. Paulina Barnett.

— Non, répondit Mrs. Joliffe, ce sont les pas d'une personne qui danse!»

Mrs. Joliffe avait certainement raison. À bien examiner ces empreintes, il n'était pas douteux qu'elles n'eussent été faites par le pied d'un homme qui s'était livré à quelque exercice chorégraphique, — non point une danse lourde, compassée, écrasante, mais plutôt une danse légère, aimable, gaie. Cette observation était indiscutable. Mais quel pouvait être l'individu assez joyeux de caractère pour avoir été pris de cette idée ou de ce besoin de danser aussi allègrement sur cette limite du continent américain, à quelques degrés au-dessus du cercle polaire?

«Ce n'est certainement point un Esquimau, dit le lieutenant.

— Ni un Indien! s'écria le caporal Joliffe.

— Non! c'est un Français!» dit tranquillement le sergent Long.

Et, de l'avis de tous, il n'y avait qu'un Français qui eût été capable de danser en un tel point du globe!

XII.

Le soleil de minuit.