— Cependant nous n'apercevons en ce moment aucune fumée à leur sommet.

— Ce n'est pas une raison, sergent Long. Est-ce que vous avez toujours la pipe à la bouche?

— Non, monsieur Hobson.

— Eh bien, Long, c'est exactement la même chose pour les volcans.
Ils ne fument pas toujours.

— Je vous comprends, monsieur Hobson, répondit le sergent Long, mais ce que je comprends moins, en vérité, c'est qu'il existe des volcans sur les continents polaires.

— Ils n'y sont pas très nombreux, dit Mrs. Paulina Barnett.

— Non, madame, répondit le lieutenant, mais on en compte, cependant, un certain nombre: à l'île de Jean-Mayen, aux îles Aléoutiennes, dans le Kamtchatka, dans l'Amérique russe, en Islande; puis dans le sud, à la Terre de Feu, sur les contrées australes. Ces volcans ne sont que les cheminées de cette vaste usine centrale où s'élaborent les produits chimiques du globe, et je pense que le Créateur de toutes choses a percé ces cheminées partout où elles étaient nécessaires.

— Sans doute, monsieur Hobson, répondit le sergent, mais au pôle, sous ces climats glacés!…

— Et qu'importe, sergent, qu'importe que ce soit au pôle ou à l'équateur! Je dirai même plus, les soupiraux doivent être plus nombreux aux environs des pôles qu'en aucun autre point du globe.

— Et pourquoi, monsieur Hobson? demanda le sergent, qui paraissait fort surpris de cette affirmation.