Pour l'instant, Semlin, c'était le salut. Autant que besoin serait, il y trouverait aide et protection. Mais se résoudrait-il à demander du secours? S'il se plaignait, s'il racontait son inexplicable aventure, n'allait-on pas ouvrir une enquête, dont il serait la première victime? Peut-être voudrait-on savoir qui il était, d'où il venait, où il se rendait, et peut-être parviendrait-on à découvrir le nom qu'il s'était juré de ne jamais révéler, quoi qu'il arrivât.

Remettant à prendre un parti à ce sujet, Serge Ladko activa la marche de son embarcation. La demie de huit heures sonnait aux horloges de la ville comme il fixait son amarre à un anneau du quai. Il procéda ensuite à quelques rapides rangements, puis examina de nouveau ce problème: parler ou se taire. Finalement il se décida pour l'abstention. Tout bien considéré, mieux valait garderie silence, aller chercher sous le tôt un repos bien gagné, et s'éloigner inaperçu de Semlin comme il y était arrivé.

A ce moment, quatre hommes parurent sur le quai et s'arrêtèrent en face de la barge. Ces hommes sautèrent à bord, et l'un d'eux, s'approchant de Serge Ladko, qui le regardait faire avec étonnement, demanda:

«Vous êtes bien le nommé Ilia Brusch?

—Oui, répondit le pilote, en fixant sur le questionneur un regard inquiet.

Celui-ci entr'ouvrit son vêtement, afin de montrer une écharpe aux couleurs hongroises, qui lui enserrait la taille.

—Au nom de la loi, je vous arrête,» dit-il en touchant le pilote à l'épaule.

XIII

UNE COMMISSION ROGATOIRE.