—Je ne sais encore ce que je ferai... Peut-être m'arrêterai-je à Vienne. Peut-être pousserai-je jusqu'à Belgrade... Je ne suis pas fixé... Comme il importe de ne pas perdre de contact, tiens-moi au courant par un mot adressé en autant d'exemplaires qu'il sera nécessaire à ceux de nos hommes échelonnés entre Ratisbonne et Vienne.

—Bien, Monsieur, répondit Ulhmann. Et moi?.. Où vous reverrai-je?

—A Vienne, dans huit jours, je te l'ai dit, répondit Dragoch.

Il réfléchit quelques instants.

—Tu peux te retirer, ajouta-t-il. Ne manque pas de passer au Parquet et prends ensuite le premier train.

Ulhmann s'éloignait déjà. Karl Dragoch le rappela.

—Tu as entendu parler d'un certain Ilia Brusch? interrogea-t-il.

—Ce pêcheur qui s'est engagé à descendre le Danube la ligne à la main?

—Précisément. Eh bien, si tu me vois avec lui, n'aie pas l'air de me connaître.»

Là-dessus, ils se séparèrent, Friedrick Ulhmann disparut vers le haut quartier, tandis que Karl Dragoch se dirigeait vers l'hôtel de la Croix-d'Or, où il comptait dîner.