Le regard de Phileas Fogg brilla un instant.
La porte du poste s'ouvrit, et il vit Mrs. Aouda, Passepartout, Fix, qui se précipitèrent vers lui.
Fix était hors d'haleine, les cheveux en désordre... Il ne pouvait parler!
«Monsieur, balbutia-t-il, monsieur... pardon... une ressemblance déplorable... Voleur arrêté depuis trois jours... vous... libre!...»
Phileas Fogg était libre! Il alla au détective. Il le regarda bien en face, et, faisant le seul mouvement rapide qu'il eût jamais fait et qu'il dût jamais faire de sa vie, il ramena ses deux bras en arrière, puis, avec la précision d'un automate, il frappa de ses deux poings le malheureux inspecteur.
«Bien tapé!» s'écria Passepartout, qui, se permettant un atroce jeu de mots, bien digne d'un Français, ajouta: «Pardieu! voilà ce qu'on peut appeler une belle application de poings d'Angleterre!»
Fix, renversé, ne prononça pas un mot. Il n'avait que ce qu'il méritait. Mais aussitôt Mr. Fogg, Mrs. Aouda, Passepartout, quittèrent la douane. Ils se jetèrent dans une voiture, et, en quelques minutes, ils arrivèrent à la gare de Liverpool.
Phileas Fogg demanda s'il y avait un express prêt à partir pour Londres...
Il était deux heures quarante.... L'express était parti depuis trente-cinq minutes.
Phileas Fogg commanda alors un train spécial.