Toujours affirmatif, le jeune indigène. En tout cas, c'étaient des types d'une race particulière, sans doute, affectés du signe «moins» par rapport à l'humanité… Une race intermédiaire de primitifs, peut-être des spécimens de ce genre d'anthropopithèques qui manquent à l'échelle animale…

Et alors, Llanga de raconter sommairement son histoire, après avoir, à plusieurs reprises, baisé les mains du Français et de l'Américain, retirés comme lui au moment où les entraînait le rapide et qu'il n'espérait plus revoir.

Lorsque le radeau heurta les roches, ils avaient été précipités dans le tourbillon, lui et Li-Maï…

«Li-Maï?… s'écria Max Huber.

— Oui… Li-Maï… c'est son nom… Il m'a répété en se désignant: «Li-Maï… Li-Maï…»

— Ainsi il a un nom?… dit John Cort.

— Évidemment, John!… Quand on parle, n'est-il pas tout naturel de se donner un nom?…

— Est-ce que cette tribu, cette peuplade, comme on voudra, demanda John Cort, en a un aussi?…

— Oui… les Wagddis… répondit Llanga. J'ai entendu Li-Maï les appeler Wagddis!»

En réalité, ce mot n'appartenait pas à la langue congolaise. Mais, Wagddis ou non, des indigènes se trouvaient sur la rive gauche du rio Johausen, lorsque la catastrophe se produisit. Les uns coururent sur le barrage, ils se lancèrent dans le torrent au secours de Khamis, John Cort et Max Huber, les autres au secours de Li-Maï et de Llanga. Celui-ci, ayant perdu connaissance, ne se souvenait plus de ce qui s'était passé ensuite et croyait que ses amis s'étaient noyés dans le rapide.