Et il fut sur le point de crier:

«Hé!… monsieur… là-bas… faites-nous donc l'honneur de regarder…»

À cet instant, John Cort lui saisit le bras et, d'une voix qui dénotait le comble de la surprise:

«Je le reconnais… dit-il.

— Vous le reconnaissez?

— Oui!… C'est le docteur Johausen!»

CHAPITRE XVII En quel état le docteur Johausen!

John Cort avait autrefois rencontré le docteur Johausen à Libreville. Il ne pouvait faire erreur: c'était bien ledit docteur qui régnait sur cette peuplade wagddienne!

Son histoire, rien de plus aisé que d'en résumer le début en quelques lignes, et même de la reconstituer tout entière. Les faits s'enchaînaient sans interruption sur cette route qui allait de la cage forestière au village de Ngala.

Trois ans avant, cet Allemand, désireux de reprendre la tentative peu sérieuse et, dans tous les cas, avortée du professeur Garner, quitta Malinba avec une escorte de noirs, emportant un matériel, des munitions et des vivres pour un assez long temps. Ce qu'il voulait faire dans l'est du Cameroun, on ne l'ignorait pas. Il avait formé l'invraisemblable projet de s'établir au milieu des singes afin d'étudier leur langage. Mais de quel côté il comptait se diriger, il ne l'avait confié à personne, étant très original, très maniaque et, pour employer un mot dont les Français se servent fréquemment, à demi toqué.