Il n'y eut plus qu'à quitter la demeure royale. Par malheur, tout en grimaçant, Sa Majesté s'était mise à crier, et si fort qu'elle devait avoir été entendue, si des Wagddis se trouvaient dans le voisinage.
D'autre part, perdre quelques secondes, c'était s'exposer à manquer une occasion si favorable… Raggi et ses guerriers allaient peut-être accourir… La situation des étrangers, surpris dans la demeure de Msélo-Tala-Tala, s'aggraverait, et ils devraient renoncer à tout espoir de recouvrer leur liberté…
Khamis et ses compagnons abandonnèrent donc le docteur Johausen et, rouvrant la porte, ils s'élancèrent au dehors.
CHAPITRE XVIII Brusque dénouement
La chance se déclarait pour les fugitifs. Tout ce tapage à l'intérieur de l'habitation n'avait attiré personne. Déserte la place, désertes les rues qui y débouchaient. Mais la difficulté était de se reconnaître au milieu de ce dédale obscur, de circuler entre les branchages, de gagner par le plus court l'escalier de Ngala.
Soudain, un Wagddi se présenta devant Khamis et ses compagnons.
C'était Lo-Maï, accompagné de son enfant. Le petit, qui les avait suivis pendant qu'ils se rendaient à la case de Msélo-Tala-Tala, était venu prévenir son père. Celui-ci, redoutant quelque danger pour le foreloper et ses compagnons, se hâta de les rejoindre. Comprenant alors qu'ils cherchaient à s'enfuir, il s'offrit à leur servir de guide.
Ce fut heureux, car aucun d'eux n'aurait pu retrouver le chemin de l'escalier.
Mais, lorsqu'ils arrivèrent en cet endroit, quel fut leur désappointement!
L'entrée était gardée par Raggi et une douzaine de guerriers.