«Allons, dit John Cort, il le faut!»
Max Huber et lui épaulèrent leurs carabines, tandis que Khamis et
Llanga manoeuvraient pour écarter le canot de la berge.
Une double détonation retentit. Deux Wagddis furent atteints, et la foule hurlante se dissipa.
En ce moment, le canot fut saisi par le courant, et il disparut en aval sous le couvert d'une rangée de grands arbres.
*******
Il n'y a point à rapporter — en détail du moins — ce que fut cette navigation vers le sud-ouest de la grande forêt. S'il existait d'autres villages aériens, les deux amis ne devaient rien savoir à cet égard. Comme les munitions ne manquaient pas, la nourriture serait assurée par le produit de la chasse, et les diverses sortes d'antilopes abondaient dans ces régions voisines de l'Oubanghi.
Le lendemain soir, Khamis amarra le canot à un arbre de la berge pour la nuit.
Pendant ce parcours, John Cort et Max Huber n'avaient point épargné les témoignages de reconnaissance à Lo-Maï, pour lequel ils éprouvaient une sympathie tout humaine.
Quant à Llanga et à l'enfant, c'était entre eux une véritable amitié fraternelle. Comment le jeune indigène aurait-il pu sentir les différences anthropologiques qui le mettaient au-dessus de ce petit être?…
John Cort et Max Huber espéraient bien obtenir de Lo-Maï qu'il les accompagnerait jusqu'à Libreville. Le retour serait facile en descendant ce rio, qui devait être un des affluents de l'Oubanghi. L'essentiel était que son cours ne fût obstrué ni par des rapides ni par des chutes.