Oui… sa mère qui était restée au village, et près de laquelle son père et lui voulaient retourner… C'était la famille que rien ne pouvait séparer!…

Les adieux définitifs furent faits, après que la nourriture de Lo-
Maï et du petit eut été assurée pour leur retour jusqu'à Ngala.

John Cort et Max Huber ne cachèrent pas leur émotion à la pensée qu'il ne reverraient jamais ces deux créatures affectueuses et bonnes, si inférieure que fût leur race…

Quant à Llanga, il ne put se retenir de pleurer, et de grosses larmes mouillèrent aussi les yeux du père et de l'enfant.

«Eh bien, dit John Cort, croirez-vous maintenant, mon cher Max, que ces pauvres êtres se rattachent à l'humanité?…

— Oui, John, puisqu'ils ont, de même que l'homme, le sourire et les larmes!»

Le canot prit le fil du courant et, au coude de la rive, Khamis et ses compagnons purent envoyer un dernier adieu à Lo-Maï et à son fils.

Les journées des 18, 19, 20 et 21 avril furent employées à descendre la rivière jusqu'à son confluent avec l'Oubanghi. Le courant étant très rapide, il y eut lieu d'estimer à près de trois cents kilomètres le parcours fait depuis le village de Ngala.

Le foreloper et ses compagnons se trouvaient alors à la hauteur des rapides de Zongo, à peu près à l'angle que forme le fleuve en obliquant vers le sud. Ces rapides, il eût été impossible de les franchir en canot, et, pour reprendre la navigation en aval, un portage allait devenir nécessaire. Il est vrai, l'itinéraire permettait de suivre à pied la rive gauche de l'Oubanghi dans cette partie limitrophe entre le Congo indépendant et le Congo français. Mais, à ce cheminement pénible, le canot devait être infiniment préférable. N'était-ce pas du temps gagné, de la fatigue épargnée?…

Très heureusement, Khamis put éviter cette dure opération du portage.