Sous de plus rudes et de plus fréquentes poussées, les racines cédèrent enfin, le sol se souleva, et l'arbre se coucha plutôt qu'il ne s'abattit le long du tertre.
«À la forêt… à la forêt!…» cria Khamis.
Du côté où les branches du tamarin avaient rencontré le sol, le recul des éléphants laissait le champ libre. Rapidement, le foreloper dont le cri avait été entendu, fut à terre. Les trois autres le suivirent aussitôt dans sa fuite.
Tout d'abord, acharnés contre les arbres restés debout, les animaux n'avaient pas aperçu les fugitifs. Max Huber, Llanga entre ses bras, courait aussi vite que le lui permettaient ses forces. John Cort se maintenait à son côté, prêt à prendre sa part de ce fardeau, prêt également à décharger sa carabine sur le premier de la harde qui serait à sa portée.
Le foreloper, John Cort et Max Huber avaient à peine franchi un demi-kilomètre, lorsqu'une dizaine d'éléphants, se détachant de la troupe, commencèrent à les poursuivre.
«Courage… courage!… cria Khamis. Conservons notre avance!…
Nous arriverons!…»
Oui, peut-être, et encore importait-il de ne pas être retardé.
Llanga sentait bien que Max Huber se fatiguait.
«Laisse-moi… laisse-moi, mon ami Max!… J'ai de bonnes jambes… laisse-moi!…»
Max Huber ne l'écoutait pas et tâchait de ne point rester en arrière.
Un kilomètre fut enlevé, sans que les animaux eussent sensiblement gagné de l'avance. Par malheur, la vitesse de Khamis et de ses compagnons se ralentissait, la respiration leur manquait après cette formidable galopade.