L'impatience n'était évidemment pas tout à fait déplacée. Franchir pour arriver à cette porte des obstacles si variés, escalader des murailles et faire sauter des quartiers de ville, tout cela pour n'avoir rien à répondre lorsqu'on vous demande simplement :
« Qui va là ? » cela ne laissait pas d'être surprenant.
Une demi-minute suffit à Marcel pour se rendre compte de la fausseté de sa position, et aussitôt, s'exprimant en allemand :
« Ami ou ennemi à votre gré ! répondit-il. Je demande à parler à Herr Schultze. »
Il n'avait pas articulé ces mots qu'une exclamation de surprise se fit entendre à travers la porte entrebâillée :
« Ach ! »
Et, par l'ouverture, Marcel put apercevoir un coin de favoris rouges, une moustache hérissée, un oeil hébété, qu'il reconnut aussitôt. Le tout appartenait à Sigimer, son ancien garde du corps.
« Johann Schwartz ! s'écria le géant avec une stupéfaction mêlée de joie. Johann Schwartz ! »
Le retour inopiné de son prisonnier paraissait l'étonner presque autant qu'il avait dû l'être de sa disparition mystérieuse. « Puis-je parler à Herr Schultze ? » répéta Marcel, voyant qu'il ne recevait d'autre réponse que cette exclamation.
Sigimer secoua la tête.