« Qu'y a-t-il donc ? demanda-t-il, un peu inquiet en voyant son ami tout pâle.

-- Lis ! » dit l'autre, abasourdi par la nouvelle qu'il venait de recevoir.

Marcel prit la lettre, la lut jusqu'au bout, la relut une seconde fois, jeta un coup d'oeil sur les documents imprimés qui l'accompagnaient, et dit :

« C'est curieux ! »

Puis, il bourra sa pipe, et l'alluma méthodiquement. Octave était suspendu à ses lèvres.

« Tu crois que c'est vrai ? lui cria-t-il d'une voix étranglée.

-Vrai ?... Evidemment. Ton père a trop de bon sens et d'esprit scientifique pour accepter à l'étourdie une conviction pareille. D'ailleurs, les preuves sont là, et c'est au fond très simple. »

La pipe étant bien et dûment allumée, Marcel se remit au travail. Octave restait les bras ballants, incapable même d'achever son café, à plus forte raison d'assembler deux idées logiques. Pourtant, il avait besoin de parler pour s'assurer qu'il ne rêvait pas.

« Mais... si c'est vrai, c'est absolument renversant !... Sais-tu qu'un demi-milliard, c'est une fortune énorme ? »

Marcel releva la tête et approuva :