-- Tiens ! c'est vrai ! répondirent ses compagnons.

-- Pour moi, reprit Marcel, il y a un instant que je me sens à demi étourdi. Il y a sûrement ici de l'acide carbonique !... Voulez-vous me permettre d'enflammer une allumette ? demanda-t-il au contremaître.

-- Allumez, mon garçon, ne vous gênez pas. »

Marcel tira de sa poche une petite boîte de fumeur, frotta une allumette, et, se baissant, approcha de terre la petite flamme. Elle s'éteignit aussitôt.

« J'en étais sûr... dit-il. Le gaz, étant plus lourd que l'air, se maintient au ras du sol... Il ne faut pas rester ici -- je parle de ceux qui n'ont pas d'appareils Galibert. Si vous voulez, maître, nous poursuivrons seuls la recherche. »

Les choses ainsi convenues, Marcel et le contremaître prirent chacun entre leurs dents l'embouchure de leur caisse à air, placèrent la pince sur leurs narines et s'enfoncèrent dans une succession de vieilles galeries.

Un quart d'heure plus tard, ils en ressortaient pour renouveler l'air des réservoirs ; puis, cette opération accomplie, ils repartaient.

A la troisième reprise, leurs efforts furent enfin couronnés de succès. Une petite lueur bleuâtre, celle d'une lampe électrique, se montra au loin dans l'ombre. Ils y coururent...

Au pied de la muraille humide, gisait, immobile et déjà froid, le pauvre petit Carl. Ses lèvres bleues, sa face injectée, son pouls muet, disaient, avec son attitude, ce qui s'était passé.

Il avait voulu ramasser quelque chose à terre, il s'était baissé et avait été littéralement noyé dans le gaz acide carbonique.