«Ah! vraiment, mylord, dit-il, j’ai le système nerveux irrité?

—Oui, Paganel, c’est le vent du nord, un vent qui fait commettre bien des crimes dans la pampa, comme la tramontane dans la campagne de Rome!

—Des crimes! répartit le savant. J’ai l’air d’un homme qui veut commettre des crimes?

—Je ne dis pas précisément cela.

—Dites tout de suite que je veux vous assassiner!

—Eh! répondit Glenarvan, qui riait sans pouvoir se contenir, j’en ai peur. Heureusement que le vent du nord ne dure qu’un jour!»

Tout le monde, à cette réponse, fit chorus avec Glenarvan. Alors Paganel piqua des deux, et s’en alla en avant passer sa mauvaise humeur. Un quart d’heure après, il n’y pensait plus.

À huit heures du soir, Thalcave ayant poussé une pointe en avant, signala les barrancas du lac tant désiré. Un quart d’heure après, la petite troupe descendait les berges du Salinas. Mais là l’attendait une grave déception. Le lac était à sec.

Chapitre XVIII À la recherche d’une aiguade

Le lac Salinas termine le chapelet de lagunes qui se rattachent aux sierras Ventana et Guamini. De nombreuses expéditions venaient autrefois de Buenos-Ayres y faire provision de sel, car ses eaux contiennent du chlorure de sodium dans une remarquable proportion. Mais alors, l’eau volatilisée par une chaleur ardente avait déposé tout le sel qu’elle contenait en suspension, et le lac ne formait plus qu’un immense miroir resplendissant.