—Et cependant, nous nous sommes trompés, dit le major.
—Nous nous sommes trompés, répéta Paganel. Mais pour se tromper, Mac Nabbs, il ne faut qu’être homme, tandis qu’il est fou celui qui persiste dans son erreur.
—Attendez, Paganel, répondit le major, ne vous animez pas. Je ne veux point dire que nos recherches doivent se prolonger en Amérique.
—Alors que demandez-vous? dit Glenarvan.
—Un aveu, rien de plus, l’aveu que l’Australie paraît être maintenant le théâtre du naufrage du Britannia aussi évidemment que l’Amérique le semblait naguère.
—Nous l’avouons volontiers, répondit Paganel.
—J’en prends acte, reprit le major, et j’en profite pour engager votre imagination à se défier de ces évidences successives et contradictoires. Qui sait si, après l’Australie, un autre pays ne nous offrira pas les mêmes certitudes, et si, ces nouvelles recherches vainement faites, il ne semblera pas «évident» qu’elles doivent être recommencées ailleurs?»
Glenarvan et Paganel se regardèrent. Les observations du major les frappaient par leur justesse.
«Je désire donc, reprit Mac Nabbs, qu’une dernière épreuve soit faite avant de faire route pour l’Australie. Voici les documents, voici des cartes. Examinons successivement tous les points par lesquels passe le trente-septième parallèle, et voyons si quelque autre pays ne se rencontrerait pas, dont le document donnerait l’indication précise.
—Rien de plus facile et de moins long, répondit Paganel, car, heureusement, les terres n’abondent pas sous cette latitude.