—Un navire bon marcheur peut-il traverser en un mois toute la partie de l’océan Pacifique comprise entre l’Amérique et l’Australie?

—Oui, en faisant deux cents milles par vingt-quatre heures.

—Est-ce une marche extraordinaire?

—Nullement. Les clippers à voiles obtiennent souvent des vitesses supérieures.

—Eh bien, reprit Paganel, au lieu de lire «7 juin» sur le document, supposez que la mer ait rongé un chiffre de cette date, lisez «17 juin» ou «27 juin», et tout s’explique.

—En effet, répondit lady Helena, du 31 mai au 27 juin…

—Le capitaine Grant a pu traverser le Pacifique et se trouver dans la mer des Indes!»

Un vif sentiment de satisfaction accueillit cette conclusion de
Paganel.

«Encore un point éclairci! dit Glenarvan, et grâce à notre ami. Il ne nous reste donc plus qu’à atteindre l’Australie, et à rechercher les traces du Britannia sur sa côte occidentale.

—Ou sa côte orientale, dit John Mangles.