«Pendant ce temps, reprit Ayrton, ou les eaux de la Snowy baisseront, ce qui permettra de trouver un gué praticable, ou il faudra recourir au canot, et nous aurons le temps de le construire. Voilà, mylord, le plan que je soumets à votre approbation.
—Bien, Ayrton, répondit Glenarvan. Votre idée mérite d’être prise en sérieuse considération. Son plus grand tort est de causer un retard, mais elle épargne de sérieuses fatigues et peut-être des dangers réels. Qu’en pensez-vous, mes amis?
—Parlez, mon cher Mac Nabbs, dit alors lady Helena. Depuis le commencement de la discussion, vous vous contentez d’écouter, et vous êtes très avare de vos paroles.
—Puisque vous me demandez mon avis, répondit le major, je vous le donnerai très franchement. Ayrton me paraît avoir parlé en homme sage, prudent, et je me range à sa proposition.»
On ne s’attendait guère à cette réponse, car jusqu’alors Mac Nabbs avait toujours combattu les idées d’Ayrton à ce sujet. Aussi Ayrton, surpris, jeta un regard rapide sur le major. Cependant, Paganel, lady Helena, les matelots étaient très disposés à appuyer le projet du quartier-maître. Ils n’hésitèrent plus après les paroles de Mac Nabbs.
Glenarvan déclara donc le plan d’Ayrton adopté en principe.
«Et maintenant, John, ajouta-t-il, ne pensez-vous pas que la prudence commande d’agir ainsi, et de camper sur les bords de la rivière, en attendant les moyens de transport?
—Oui, répondit John Mangles, si toutefois notre messager parvient à passer la Snowy, que nous ne pouvons passer nous-même!»
On regarda le quartier-maître, qui sourit en homme sûr de lui.
«Le messager ne franchira pas la rivière, dit-il.