—Oui, répondit le major.
—Et depuis la Wimerra, sa bande suit nos traces et nous épie, guettant une occasion favorable?
—Oui.
—Mais ce misérable n’est donc pas un matelot du Britannia? Il a donc volé son nom d’Ayrton, volé son engagement à bord?»
Les regards se dirigèrent vers Mac Nabbs, qui avait dû se poser ces questions à lui-même.
«Voici, répondit-il de sa voix toujours calme, les certitudes que l’on peut dégager de cette obscure situation. À mon avis, cet homme s’appelle réellement Ayrton. Ben Joyce est son nom de guerre. Il est incontestable qu’il connaît Harry Grant et qu’il a été quartier-maître à bord du Britannia. Ces faits, prouvés déjà par les détails précis que nous a donnés Ayrton, sont de plus corroborés par les paroles des convicts que je vous ai rapportées. Ne nous égarons donc pas dans de vaines hypothèses, et tenons pour certain que Ben Joyce est Ayrton, comme Ayrton est Ben Joyce, c’est-à-dire un matelot du Britannia devenu chef d’une bande de convicts.»
Les explications de Mac Nabbs furent acceptées sans discussion.
«Maintenant, répondit Glenarvan, me direz-vous comment et pourquoi le quartier-maître d’Harry Grant se trouve en Australie?
—Comment? Je l’ignore, répondit Mac Nabbs, et la police déclare ne pas en savoir plus long que moi à ce sujet. Pourquoi? Il m’est impossible de le dire.
Il y a là un mystère que l’avenir expliquera.