«Ordre à Tom Austin de prendre la mer sans retard et de conduire le Duncan…»

Paganel achevait ce dernier mot, quand ses yeux se portèrent, par hasard, sur le numéro de l’Australian and New Zealand, qui gisait à terre. Le journal replié ne laissait voir que les deux dernières syllabes de son titre. Le crayon de Paganel s’arrêta, et Paganel parut oublier complètement Glenarvan, sa lettre, sa dictée.

«Eh bien? Paganel, dit Glenarvan.

—Ah! fit le géographe, en poussant un cri.

—Qu’avez-vous? demanda le major.

—Rien! Rien!» répondit Paganel.

Puis, plus bas, il répétait: «Aland! Aland! Aland!»

Il s’était levé. Il avait saisi le journal. Il le secouait, cherchant à retenir des paroles prêtes à s’échapper de ses lèvres. Lady Helena, Mary, Robert, Glenarvan, le regardaient sans rien comprendre à cette inexplicable agitation.

Paganel ressemblait à un homme qu’une folie subite vient de frapper. Mais cet état de surexcitation nerveuse ne dura pas. Il se calma peu à peu; la joie qui brillait dans ses regards s’éteignit; il reprit sa place et dit d’un ton calme:

«Quand vous voudrez, mylord, je suis à vos ordres.»