Le jour parut. La pluie avait cessé. De gros nuages roulaient encore dans les profondeurs du ciel. Le sol était jonché des débris de branches. La glaise, détrempée par des torrents d’eau, avait encore cédé.
Les abords du chariot devenaient difficiles, mais il ne pouvait s’enliser plus profondément.
John Mangles, Paganel et Glenarvan allèrent dès le point du jour faire une reconnaissance autour du campement. Ils remontèrent le sentier encore taché de sang. Ils ne virent aucun vestige de Ben Joyce ni de sa bande.
Ils poussèrent jusqu’à l’endroit où l’attaque avait eu lieu. Là, deux cadavres gisaient à terre, frappés des balles de Mulrady. L’un était le cadavre du maréchal ferrant de Black-Point. Sa figure, décomposée par la mort, faisait horreur.
Glenarvan ne porta plus loin ses investigations. La prudence lui défendait de s’éloigner. Il revint donc au chariot, très absorbé par la gravité de la situation.
«on ne peut songer à envoyer un autre messager à Melbourne, dit-il.
—Cependant, il le faut, mylord, répondit John Mangles, et je tenterai de passer là où mon matelot n’a pu réussir.
—Non, John. Tu n’as même pas un cheval pour te porter pendant ces deux cents milles!»
En effet, le cheval de Mulrady, le seul qui restât, n’avait pas reparu. était-il tombé sous les coups des meurtriers? Courait-il égaré à travers ce désert?
Les convicts ne s’en étaient-ils pas emparés?