—Ce sera difficile, répondit John. Croiriez-vous qu’il n’y a pas une carte marine à bord!

—En vérité?

—En vérité. Le Macquarie ne fait que le cabotage entre Eden et Auckland, et ce Will Halley a une telle habitude de ces parages, qu’il ne prend aucun relèvement.

—Il s’imagine sans doute, répondit Paganel, que son navire connaît la route, et qu’il se dirige tout seul.

—Oh! Oh! reprit John Mangles, je ne crois pas aux bâtiments qui se dirigent eux-mêmes, et si Will Halley est ivre sur les atterrages, il nous mettra dans un extrême embarras.

—Espérons, dit Paganel, qu’il aura repêché sa raison dans le voisinage de la terre.

—Ainsi, demanda Mac Nabbs, le cas échéant, vous ne pourriez pas conduire le Macquarie à Auckland?

—Sans la carte de cette partie de la côte, c’est impossible. Les accores en sont extrêmement dangereux. C’est une suite de petits fiords irréguliers et capricieux comme les fiords de Norvège. Les récifs sont nombreux et il faut une grande pratique pour les éviter. Un navire, quelque solide qu’il fût, serait perdu, si sa quille heurtait l’un de ces rocs immergés à quelques pieds sous l’eau.

—Et dans ce cas, dit le major, l’équipage n’a d’autre ressource que de se réfugier à la côte?

—Oui, monsieur Mac Nabbs, si le temps le permet.