«Ces coquins ont fui, dit John Mangles. Eh bien! Tant mieux, mylord. C’est autant de fâcheuses scènes qu’ils nous épargnent!

—Je le pense, répondit Glenarvan; d’ailleurs, il y a toujours un capitaine à bord, John, et des matelots courageux, sinon habiles, tes compagnons. Commande, et nous sommes prêts à t’obéir.»

Le major, Paganel, Robert, Wilson, Mulrady, Olbinett lui-même, applaudirent aux paroles de Glenarvan, et, rangés sur le pont, ils se tinrent à la disposition de John Mangles.

«Que faut-il faire?» demanda Glenarvan.

Le jeune capitaine promena son regard sur la mer, observa la mâture incomplète du brick, et dit, après quelques instants de réflexion:

«Nous avons deux moyens, mylord, de nous tirer de cette situation: relever le bâtiment et reprendre la mer, ou gagner la côte sur un radeau qui sera facile à construire.

—Si le bâtiment peut être relevé, relevons-le, répondit
Glenarvan. C’est le meilleur parti à prendre, n’est-il pas vrai?

—Oui, votre honneur, car, une fois à terre, que deviendrions-nous sans moyens de transport?

—Évitons la côte, ajouta Paganel. Il faut se défier de la
Nouvelle-Zélande.

—D’autant plus que nous avons beaucoup dérivé, reprit John. L’incurie d’Halley nous a rejetés dans le sud, c’est évident. À midi, je ferai mon point, et si, comme je le présume, nous sommes au-dessous d’Auckland, j’essayerai de remonter avec le Macquarie en prolongeant la côte.