La latitude seule lui manquait et il se mit en mesure de l’obtenir.

Il prit donc, au moyen du sextant, la hauteur méridienne du soleil au-dessus de l’horizon.

Cette hauteur se trouva de 68° 30’. La distance du soleil au zénith était donc de 21° 30’, puisque ces deux nombres ajoutés l’un à l’autre donnent 90°. Or, ce jour-là, 3 février, la déclinaison du soleil étant de 16° 30’ d’après l’annuaire, en l’ajoutant à cette distance zénithale de 21° 30’, on avait une latitude de 38°.

La situation du Macquarie se déterminait donc ainsi: longitude 171° 13’, latitude 38°, sauf quelques erreurs insignifiantes produites par l’imperfection des instruments, et dont on pouvait ne pas tenir compte.

En consultant la carte de Johnston achetée par Paganel à Eden, John Mangles vit que le naufrage avait eu lieu à l’ouvert de la baie d’Aotea, au-dessus de la pointe Cahua, sur les rivages de la province d’Auckland. La ville d’Auckland étant située sur le trente-septième parallèle, le Macquarie avait été rejeté d’un degré dans le sud. Il devrait donc remonter d’un degré pour atteindre la capitale de la Nouvelle-Zélande.

«Ainsi, dit Glenarvan, un trajet de vingt-cinq milles tout au plus. Ce n’est rien.

—Ce qui n’est rien sur mer sera long et pénible sur terre, répondit Paganel.

—Aussi, répondit John Mangles, ferons-nous tout ce qui est humainement possible pour renflouer le Macquarie

Le point établi, les opérations furent reprises. À midi un quart, la mer était pleine. John ne put en profiter, puisque ses ancres n’étaient pas encore mouillées. Mais il n’en observa pas moins le Macquarie avec une certaine anxiété.

Flotterait-il sous l’action du flot? La question allait se décider en cinq minutes.