—Glenarvan, dit rapidement Mac Nabbs, cachez ce revolver! Il n’est pas temps encore…»
Le revolver disparut sous les vêtements du lord.
La natte qui fermait l’entrée de la case se souleva. Un indigène parut.
Il fit signe aux prisonniers de le suivre.
Glenarvan et les siens, en groupe serré, traversèrent le pah, et s’arrêtèrent devant Kai-Koumou.
Autour de ce chef étaient réunis les principaux guerriers de sa tribu. Parmi eux se voyait ce maori dont l’embarcation rejoignit celle de Kai-Koumou au confluent du Pohaiwhenna sur le Waikato. C’était un homme de quarante ans, vigoureux, de mine farouche et cruelle. Il se nommait Kara-Tété, c’est-à-dire «l’irascible» en langue zélandaise. Kai-Koumou le traitait avec certains égards, et, à la finesse de son tatouage, on reconnaissait que Kara-Tété occupait un rang élevé dans la tribu. Cependant, un observateur eût deviné qu’entre ces deux chefs il y avait rivalité. Le major observa que l’influence de Kara-Tété portait ombrage à Kai-Koumou. Ils commandaient tous les deux à ces importantes peuplades du Waikato et avec une puissance égale. Aussi, pendant cet entretien, si la bouche de Kai-Koumou souriait, ses yeux trahissaient une profonde inimitié.
Kai-Koumou interrogea Glenarvan:
«Tu es anglais? lui demanda-t-il.
—Oui, répondit le lord sans hésiter, car cette nationalité devait rendre un échange plus facile.
—Et tes compagnons? dit Kai-Koumou.