Il ne put achever; la natte se souleva, et les captifs furent entraînés vers Kai-Koumou; les deux femmes étaient résignées à leur sort; les hommes dissimulaient leurs angoisses sous un calme qui témoignait d’une énergie surhumaine.

Ils arrivèrent devant le chef zélandais. Celui-ci ne fit pas attendre son jugement:

«Tu as tué Kara-Tété? dit-il à Glenarvan.

—Je l’ai tué, répondit le lord.

—Demain, tu mourras au soleil levant.

—Seul? demanda Glenarvan, dont le cœur battait avec violence.

—Ah! si la vie de notre Tohonga n’était pas plus précieuse que la vôtre!» s’écria Kai-Koumou, dont les yeux exprimaient un regret féroce!

En ce moment, une agitation se produisit parmi les indigènes. Glenarvan jeta un regard rapide autour de lui. Bientôt la foule s’ouvrit, et un guerrier parut, ruisselant de sueur, brisé de fatigue.

Kai-Koumou, dès qu’il l’aperçut, lui dit en anglais, avec l’évidente intention d’être compris des captifs:

«Tu viens du camp des Pakékas?