Rien ne manquait au confort de la tombe. Les deux époux y furent déposés l’un près de l’autre, puis recouverts de terre et d’herbes, après une nouvelle série de lamentations.
Alors le cortège redescendit silencieusement la montagne, et nul maintenant ne pouvait gravir le Maunganamu sous peine de mort, car il était taboué, comme le Tongariro, où reposent les restes d’un chef écrasé en 1846 par une convulsion du sol zélandais.
Chapitre XIII Les dernières heures
Au moment où le soleil disparaissait au delà du lac Taupo, derrière les cimes du Tuhahua et du Puketapu, les captifs furent reconduits à leur prison. Ils ne devaient plus la quitter avant l’heure où les sommets des Wahiti-Ranges s’allumeraient aux premiers feux du jour.
Il leur restait une nuit pour se préparer à mourir.
Malgré l’accablement, malgré l’horreur dont ils étaient frappés, ils prirent leur repas en commun.
«Nous n’aurons pas trop de toutes nos forces, avait dit Glenarvan, pour regarder la mort en face. Il faut montrer à ces barbares comment des européens savent mourir.»
Le repas achevé, lady Helena récita la prière du soir à haute voix. Tous ses compagnons, la tête nue, s’y associèrent.
Où est l’homme qui ne pense pas à Dieu devant la mort?
Ce devoir accompli, les prisonniers s’embrassèrent.