—Il paraît, Ayrton, que j’ai fait une faute en vous débarquant sur une terre habitée.
—Il paraît, capitaine.
—Vous allez me remplacer sur cette île déserte. Puisse le ciel vous inspirer le repentir!
—Ainsi soit-il!» répondit Ayrton d’un ton calme.
Puis Glenarvan, s’adressant au quartier-maître, lui dit:
«Vous persistez, Ayrton, dans cette résolution d’être abandonné?
—Oui, mylord.
—L’île Tabor vous convient?
—Parfaitement.
—Maintenant, écoutez mes dernières paroles, Ayrton. Ici, vous serez éloigné de toute terre, et sans communication possible avec vos semblables. Les miracles sont rares, et vous ne pourrez fuir cet îlot où le Duncan vous laisse. Vous serez seul, sous l’œil d’un Dieu qui lit au plus profond des cœurs, mais vous ne serez ni perdu ni ignoré, comme fut le capitaine Grant. Si indigne que vous soyez du souvenir des hommes, les hommes se souviendront de vous. Je sais où vous êtes, Ayrton, je sais où vous trouver, je ne l’oublierai jamais.