—Vous êtes donc cuisinier, Monsieur Paganel? dit Robert.
—Parbleu, mon garçon, puisque je suis français! Dans un français il y a toujours un cuisinier.»
Cinq minutes après, Paganel déposa de larges tranches de venaison sur les charbons produits par la racine de llaretta. Dix minutes plus tard, il servit à ses compagnons cette viande fort appétissante sous le nom de «filets de guanaque».
Personne ne fit de façons, et chacun y mordit à pleines dents.
Mais, à la grande stupéfaction du géographe, une grimace générale, accompagnée d’un «pouah» unanime, accueillit la première bouchée.
«C’est horrible! dit l’un.
—Ce n’est pas mangeable!» répliqua l’autre.
Le pauvre savant, quoi qu’il en eût, dut convenir que cette grillade ne pouvait être acceptée, même par des affamés. On commençait donc à lui lancer quelques plaisanteries, qu’il entendait parfaitement, du reste, et à dauber son «mets de l’olympe»; lui-même cherchait la raison pour laquelle cette chair de guanaque, véritablement bonne et très estimée, était devenue détestable entre ses mains, quand une réflexion subite traversa son cerveau.
«J’y suis, s’écria-t-il! Eh parbleu! J’y suis, j’ai trouvé!
—Est-ce que c’est de la viande trop avancée? demanda tranquillement Mac Nabbs.