La nuit était déjà sombre. De l'horizon au zénith, quelques vapeurs peu compactes couraient encore dans les hauteurs du ciel, sous la poussée d'une brise de nord-ouest qui rafraîchissait l'atmosphère. La journée avait été belle. La nuit devait l'être aussi.
Arrivés à Stirling, Nell et ses compagnons, abandonnant le train, sortirent aussitôt de la gare.
Devant eux, entre de grands arbres, se développait une route qui conduisait aux rives du Forth.
La première impression physique qu'éprouva la jeune fille, fut celle de l'air pur que ses poumons aspirèrent avidement.
« Respire bien, Nell, dit James Starr, respire cet air chargé de toutes les vivifiantes senteurs de la campagne !
— Quelles sont ces grandes fumées qui courent au-dessus de notre tête ? demanda Nell.
— Ce sont des nuages, répondit Harry, ce sont des vapeurs à demi condensées que le vent pousse dans l'ouest.
— Ah ! fit Nell, que j'aimerais à me sentir emportée dans leur silencieux tourbillon ! — Et quels sont ces points scintillants qui brillent à travers les déchirures des nuées ?
— Ce sont les étoiles dont je t'ai parlé, Nell. Autant de soleils, autant de centres de mondes, peut-être semblables au nôtre ! » Les constellations se dessinaient plus nettement alors sur le bleu-noir du firmament, que le vent purifiait peu à peu.
Nell regardait ces milliers d'étoiles brillantes qui fourmillaient au-dessus de sa tête.