— Ah ! s'écria l'ingénieur, si Nell voulait enfin parler !
— Monsieur Starr, et vous, mon père, répondit Harry, je vous en supplie, gardons encore pour nous seuls le secret de notre enquête ! N'interrogez pas ma pauvre Nell ! Je la sens déjà anxieuse et tourmentée. Il est certain pour moi que son cœur contient à grand-peine un secret qui l'étouffe. Si elle se tait, c'est ou qu'elle n'a rien à dire, ou qu'elle ne croit pas devoir parler ! Nous ne pouvons pas douter de son affection pour nous, pour nous tous ! Plus tard, si elle m'apprend ce qu'elle nous a tu jusqu'ici, vous en serez instruits aussitôt.
— Soit, Harry, répondit l'ingénieur, et cependant ce silence, si Nell sait quelque chose, est vraiment bien inexplicable ! »
Et comme Harry allait se récrier :
« Sois tranquille, ajouta l'ingénieur. Nous ne dirons rien à celle qui doit être ta femme.
— Et qui le serait sans plus attendre, si vous le vouliez, mon père !
— Mon garçon, dit Simon Ford, dans un mois, jour pour jour, ton mariage se fera. — vous tiendrez lieu de père à Nell, monsieur James ?
— Comptez sur moi, Simon », répondit l'ingénieur.
James Starr et ses deux compagnons revinrent au cottage. Ils ne dirent rien du résultat de leur exploration, et, pour tout le monde de la houillère, l'effondrement des voûtes resta à l'état de simple accident. Il n'y avait qu'un lac de moins en Écosse.
Nell avait peu à peu repris ses occupations habituelles. De cette visite à la surface du comté, elle avait gardé d'impérissables souvenirs qu'Harry utilisait pour son instruction. Mais cette initiation à la vie du dehors ne lui avait laissé aucun regret. Elle aimait, comme avant cette exploration, le sombre domaine où, femme, elle continuerait de demeurer, après y avoir vécu enfant et jeune fille.